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Tinghir : Que s’est-il vraiment passé ?
Sujet : affiche Date: 29/12/2010

Source libe.ma
Ils étaient près d’une dizaine de milliers à avoir répondu, ce dimanche matin à Tinghir, au mot d’ordre de grève de la Fédération des associations de développement (FAD). Mais la marche pacifique destinée manifestement à protester contre la régression des indicateurs sociaux dans la région et à faire parvenir, vers le coup de midi, le cahier de doléances des citoyens aux responsables de la province, a dérivé en émeutes violentes. Les composantes politiques et associatives participantes n’étaient aucunement conformes à celle de la Fédération. Des centaines de personnes appartenant à l’aile extrémiste du mouvement amazigh «Guigouch» n’ont pas suivi le mot d’ordre prononcé par les organisateurs et ont commencé vers 13h00 à lancer des pierres en direction des forces de l’ordre près du siège de la nouvelle province et à endommager des véhicules publics et privés. Voulant réagir et arrêter ces violences qui n’avaient rien à voir avec les revendications sociales, plusieurs éléments des Forces auxiliaires ont été blessés, dont certains grièvement. D’ailleurs, neuf parmi eux ont été évacués à l’hôpital Moulay Ali Charif d’Errachidia. Des scènes de casse et d’endommagement ont été même filmées par des amateurs. Les émeutiers, notamment parmi les extrémistes du mouvement amazigh, ont par la suite quitté les lieux vers les hauteurs avoisinant la ville de Tinghir. Des arrestations ont eu lieu vers la fin de la soirée parmi les manifestants. «La Fédération a réellement appelé à mettre fin à la manifestation à midi passé de quelques minutes, mais les militants amazighs ont continué de scander leurs slogans, et sont même passés à la casse et au jet de pierres, ce qui a causé la blessure de beaucoup d’éléments des Forces auxiliaires», a déclaré un membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), présent sur les lieux.
Sur le fond, la province de Tinghir vit, depuis sa création, au rythme d’une tension particulière, à cause de déficits sociaux flagrants. Outre le chômage qui frappe un grand nombre de jeunes de la région, l’on déplore également l’infrastructure de Tinghir-centre et des régions avoisinantes. A une année de l’approbation Royale de créer une province à Tinghir, le projet de mise à niveau n’est pas entré en vigueur, et la question urbaine reste de loin la plus problématique. «Dans la périphérie comme au centre de Tinghir, les gens veulent construire en dehors des normes légales et sans autorisation prescrite par l’agence urbaine. «Les contestataires sont en colère contre l'aggravation des pressions exercées sur les habitants des oasis sur le plan urbanistique, consistant à leur imposer des lois et des conditions irréalisables qui ne prennent compte ni des particularités locales, ni de la nature de la région, encore moins du manque d'infrastructures à même de leur permettre de remplir les conditions exigées», déplore un communiqué de la FAD de Tinghir, rendu public après la manifestation. Selon la même source, «cette situation a créé, précise le communiqué, une récession sans précédent dans les métiers du bâtiment qui figure comme une source de revenus pour beaucoup de familles et ….impacte gravement la stabilité sociale dans la région menacée, notamment par la montée en puissance de l'habitat anarchique qui a engendré chez les habitants un sentiment flagrant d'injustice». Les manifestations d’injustice sont à combattre dans toute la région du sud-est du pays, sinon la journée du 26 décembre ne sera certainement pas singulière.


Cet article vient de GTF: Association Générations Tinghir-France64
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