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affiche : Les Chibanis: de l'invisibilité à la lumière. 2° partie
Posté par admin3 le 12/11/2018 22:23:09
(75 lecture(s))

Les chibanis, de l’invisibilité à la lumière : 2° partie


Invisibles pendant près de vingt ans, par leur mode de vie mais aussi et surtout parce que la société française les ignorait, les émigrés de la première génération qui donneront les chibanis, prennent racine sur le territoire français (et européen) quand ils ont eu la possibilité d’organiser la venue de femme et enfants en 1974-1976, par le mécanisme appelé le « Regroupement familial ».
Dans l’esprit des émigrés comme dans celui de ceux qui les ont fait venir en France, leur présence sur le sol français, ne pouvait être que provisoire mais chaque partie pour des raisons qui lui sont propres.

Pour le côté français, il s’agissait au départ d’avoir de la main d’œuvre provisoire dont on userait tant que la situation économique l’exigerait mais qu’on renverrai dès les premiers signes d’essoufflement de l’économie et pas question que ces gens prennent racine sur le sol français.
Pour les émigrés, l’idée du départ, en quittant leur village, séparation douloureuse d’avec femme et enfants pour ceux qui étaient déjà mariés et d’avec parents, frères et sœurs pour les célibataires, était de travailler quelques temps, gagner de l’argent, beaucoup d’argent, et revenir au village investir dans un projet qui assurerait les besoins de la famille. Car en France, on gagnait énormément, c’est ce qu’on leur a dit et promis. Mais les années passent, le travail se rarifie, les dépenses grossissent, la famille est là, les enfants aussi ; point de pactole. On s’efforce de mettre quatre sous de côté, on construit sa maison et parfois celle des parents et frères restés au bled. Le rêve de retourner au pays natal et exercer une activité s’évapore d’autant que l’on avance dans l’âge.
Mais puisque on ne repart pas à la force de l’âge, on se promet de rentrer une fois la retraite venue. Et cette promesse, comme celle de rentrer auparavant, ne fut que très rarement respectée par une minorité des émigrés, devenus des CHIBANIS, à 65 et à 70 ans. Ceux qui vivaient en famille ne pouvaient laisser femme et enfants en France et repartir vivre seul au bled. Ceux qui ont vécu loin de leur famille restée au bled ont essayé d’y retourner mais les conflits quotidiens avec leurs enfants habitués à un stand de vie plutôt confortable, la maman ouvrant le robinet des flouss du père qui trimait sur les chantiers de France. Alors, ils repartent en France en faisant des aller-et-viens entre le pays d’accueil et le pays natal.
Retraités et disposant de leur temps, ils hantent les bancs des jardins publics, des square, des cafés et shops du quartier. Ils sont visibles par tout, sollicitant services sociaux, cabinets médicaux et services administratifs. Le français qui les ignorait auparavant et qui ne les voyait même quand il les rencontrait, se trouve aujourd’hui à les côtoyer dans les trains, les bus et les gargotes du quartier
Certains de chibanis ont mené des combats pour recouvrir leurs droits dont ils ont été spoliés pendant leur carrière, surtout dans les mines et à la SNCF. Leur histoire a été évoquée maintes fois dans la presse française.

 
 
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